Amédée Thierry

Amédée Thierry (1797-1873) est le frère cadet de Thierry, il est également né à Blois[1]L’acte de baptême est conservé aux AD 41..

Photographie d’Amédée Thierry conservée aux AD 41
(cote F 1580 1)

L’historien de la Gaule

Amédée Thierry fait d’abord une carrière sur les pas de son frère. N’étant pas entré, comme son frère, à l’Ecole Normale, il monte à Paris faire son droit en 1816. Il enchaîne quelques travaux alimentaires – correcteur à La Minerve, précepteur des petits-neveux de Talleyrand, rédacteur à la Direction générale des Colonies – puis se consacre à l’étude de l’histoire tout en poursuivant une collaboration à divers journaux dont Le Globe et la Revue encyclopédique.

En 1825, il participe à l’entreprise éditoriale des résumés historiques, sous l’égide de son frère (comme Armand Carrel), et publie un Résumé de l’histoire de Guyenne chez Lecointe et Durey. Il est surtout l’auteur d’une Histoire des Gaulois en 1828, l’année suivant la parution en volume des Lettres sur l’histoire de France, chez le même éditeur que son frère, Sautelet. Cette histoire fait date, et inspire les travaux de Henri Martin, proche des deux frères.

Après une carrière préfectorale, il reprend ses travaux historiques à la fin des années 1830 en poursuivant ses travaux sur la Gaule. En 1840, la même année que les Récits des temps mérovingiens, paraît chez Just Tessier, l’éditeur d’Augustin, le premier volume d’une Histoire de la Gaule sous l’administration romaine qui procure à Amédée un fauteuil dans la section histoire à l’Académie des Sciences morales et politiques en 1841. En 1856, l’année de la mort de son frère, il publie une Histoire d’Attila et de ses successeurs qui connaît un vrai succès.

Une carrière politique

Suite aux journées de juillet 1830, il est nommé par Guizot préfet de la Haute-Saône, bénéficiant de la manne distribuée aux historiens libéraux amis du nouveau régime. En 1832, il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur. Avec 19 autres préfets liés à Guizot, Amédée Thierry est remercié par le ministère Molé en 1838 et quitte le corps préfectoral[2]Les archives ont conservé les documents liés à cette affaire, retracée par son petit-fils, Augustin Augustin-Thierry, dans un article paru dans la Revue des Deux Mondes en 1928..

Il devient alors maître des requêtes au Conseil d’État et reprend ses études historiques. Il est nommé officier de la Légion d’Honneur en 1846.

Pleinement rallié au régime du Second Empire, Amédée continue à gravir les échelons de la Légion d’Honneur et devient commandeur en 1856. Il est nommé sénateur en 1860 par décret impérial, et siège au Sénat jusqu’à la chute du régime en 1870. En 1868, un décret l’élève à la dignité de Grand-Officier de la Légion d’Honneur.

Jean-Léon Gérôme, Amédée Thierry (1863)

Le portrait de Gérôme (conservé au Château de Blois) consacre l’ascension sociale d’Amédée Thierry. 

Les insignes de la Légion d’Honneur figurent sur l’habit sénatorial de grande tenue de cérémonie.

À gauche, dans l’ombre, le buste d’Augustin Thierry sculpté par Antoine Etex et présenté au Salon de 1848 (conservé également au Château de Blois).

Un anoblissement était même prévu, comme en témoigne un projet d’armoiries conservé aux AD 41 (cote F 1580 1). Le blason est inspiré des oeuvres d’Amédée Thierry sur la Gaule et sur Attila (on reconnaît son casque).

Mémoires familiales

Amédée Thierry et Henri Martin sont tous deux exécuteurs testamentaires d’Augustin Thierry. Ils font paraître en 1858 une édition de ses Œuvres complètes chez Furne. La descendance d’Amédée a contribué à entretenir la mémoire d’Augustin Thierry, et en a d’ailleurs porté le nom. Augustin Augustin-Thierry, petit-fils d’Amédée, après avoir fait paraître en 1922 une biographie de son grand-oncle, Augustin Thierry d’après sa correspondance et ses papiers de famille, consacre aussi trois articles à son grand-père, « Histoire d’un historien », paru dans la Revue des deux mondes, en forme de réponse à l’introduction d’Augustin aux Dix ans d’études historiques, « Histoire de mes idées et de mes travaux historiques »[3]En 1928, en trois livraisons (15 octobre, 1er novembre, 1er décembre)..

Si elle a initié des travaux sur la Gaule, l’oeuvre d’Amédée Thierry est relativement oubliée, recouverte notamment par celle de Henri Martin. Il y a dix éditions jusqu’en 1881 de l’Histoire des Gaulois et six éditions encore jusqu’en 1883 pour les Récits de l’histoire romaine au Ve siècle. Avec la sixième et dernière édition en 1884 d’Attila s’achève la fortune éditoriale d’Amédée, dont aucune œuvre n’a fait l’objet d’une réédition jusqu’à nos jours.

La descendance

Le 2 février 1839, Amédée Thierry se marie avec Gabrielle Breschet[4]L’acte de mariage et le contrat de mariage sont conservés aux AD 41., fille d’un médecin reconnu, Gilbert Breschet. Ils ont trois enfants, Jacques, Gilbert et une fille qui ne semble pas avoir survécu.

Son inventaire après décès[5]M. Mégret, Notaire à Paris, Archives Nationales révèle qu’il était séparé de corps et de biens de sa femme dès 1860.

Notes

Notes
1 L’acte de baptême est conservé aux AD 41.
2 Les archives ont conservé les documents liés à cette affaire, retracée par son petit-fils, Augustin Augustin-Thierry, dans un article paru dans la Revue des Deux Mondes en 1928.
3 En 1928, en trois livraisons (15 octobre, 1er novembre, 1er décembre).
4 L’acte de mariage et le contrat de mariage sont conservés aux AD 41.
5 M. Mégret, Notaire à Paris, Archives Nationales